Kubilai Khan investigations
BLACK BELT - création 2017

Black Belt - teaser from Kubilai Khan on Vimeo.



Black Belt recrache une encre magique qui révéle les zones troubles et agitées du vivant.

Black Belt regarde l’Afrique en mouvement, d’après ce qu’il s’y vit et non d’après une vision fantasmée.

Cette pièce se suit comme un poème agité d'une passion pour les formes vivantes et évolutives.
Cette exploration provoque une inspiration multiforme, véhémente à sa racine et sereine à son épanouissement.

Black Belt porte la ruse d’un être qui s’est multiplié pour s’éprouver et tord le cou à bien des idées reçues sur le réel africain.
Le projet suit la possibilité de féconder une utopie active ce que Felwine Sarr nomme Afrotopia.
Selon l’économiste sénégalais, « l’Afrique n’a personne à rattraper » et la modernité est déjà bien arrivée et n’est pas à inventer.
Tout indique aussi qu’il faut questionner le mythe du développement et le positivisme scientifique qui projette une vision occidentale sur les sociétés africaines comme unique moyen pour les décrire.

Black Belt reconnait que nos imaginaires, africains autant qu’européens restent imprégnés par l’histoire et le capitalisme.
Suivant « une construction mentale », cet héritage postcolonial continue à véhiculer une société des éblouissements.
Nous sommes bombardés en continu par ses machines à éblouissement qui colonisent nos inconscients.
Nous ne voyons plus que ses écrans capitalistes nous « tuent les yeux » en nous éblouissant et en nous faisant voir le monde autrement qu’il n’est. Cette machine à lumière coloniale opère comme une sorcellerie.
Penchant pour la reformulation du concept de nègre qui selon Achille Mbembe ne renvoie plus nécessairement à une affaire de couleur, mais concerne tous les subalternes de tous les pays, tous les hommes-marchandises, et devrait prendre en compte l’ensemble des mécanismes de domination. Il s’agit alors aussi bien d’une critique du néo-libéralisme que de l’universalisme.
Nous sommes encore plus aujourd’hui appelés à vivre exposés les uns aux autres et à reconnaître qu’une part de notre « subjectivité » s’origine dans notre vulnérabilité.
Black Belt est une affaire de trajet, de circulation et de transfiguration, cette pièce rêveuse d’héritages qui n’ont aussi rien à voir avec des histoires de naissance. En de certaines circonstances, elle s'apparente à l’Ode Maritime de Pessoa et ajuste un goût du dépaysement et de l’excès, une ivresse de l’esprit qui intoxique la conscience de soi et ouvre une voix tumultueuse et débridée.
Parcourant une Afrique connectée, urbaine, mondialisée dont la moitié de la population à moins de 30 ans, formidablement inventive et débrouillarde même si malmenée; cette jeunesse qui remplace le tweet au tract et qui créent ses logos sur le mur du web signerait-elle les premiers signes de son droit de réponse à son expression si souvent étouffée.



DISTRIBUTION
Chorégraphie- conception et musique : Frank Micheletti
Danse : Idio Chichava
Création lumières : Ivan Mathis

PRODUCTION
Kubilai Khan investigations

COPRODUCTION : Les Rencontres Chrorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis, le Théâtre du Colombier-Bagnolet, le département de la Seine Saint-Denis.
Remerciements au Théâtre des Salins, Martigues et au Conservatoire à rayonnement régional de Toulon pour leur accueil en studio.

Crédit photo et vidéo: Laurent Thurin-Nal
 
Calendrier
8/6/2017 et 9 juin - BLACK BELT, Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis, à la Dynamo de banlieues bleues, Pantin